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Dans un bâtiment tertiaire moderne, il n’est pas toujours logique de ventiler tous les locaux avec le même débit d’air pendant toute la journée.

Un bureau vide n’a pas les mêmes besoins qu’une salle de réunion occupée par dix personnes.

De même, un local occupé par deux personnes n’a généralement pas besoin du même renouvellement d’air qu’un local fortement occupé.

C’est précisément pour répondre à cette problématique que l’on utilise la ventilation à débit variable, plus connue sous le nom de VAV, pour Variable Air Volume.

Dans le système représenté sur le schéma ci-dessus, chaque local dispose d’une régulation du débit d’air soufflé pilotée notamment par la concentration de CO₂.

Lorsque le CO₂ augmente, le besoin de renouvellement d’air augmente également. Le régulateur VAV ouvre alors davantage afin d’augmenter le débit d’air envoyé dans le local.

À l’inverse, lorsque le local est peu occupé et que le CO₂ reste faible, le débit peut être réduit jusqu’à une valeur minimale prédéfinie.

Mais le système ne s’arrête pas là.

Le débit total réellement soufflé dans la zone est mesuré dans la gaine principale à l’aide d’un dispositif de mesure.

Cette valeur est transmise à une DDC, qui adapte ensuite automatiquement la consigne du régulateur de débit d’air extrait.

On obtient ainsi une régulation complète :

besoin dans les locaux → débit de soufflage variable → mesure du débit global → calcul DDC → adaptation du débit d’extraction.

Dans cet article, nous allons décortiquer cette architecture étape par étape.

L’objectif est qu’après cette lecture, vous puissiez comprendre exactement le rôle :

  • des sondes CO₂ ;
  • des régulateurs VAV ;
  • de la mesure du débit global ;
  • des transferts d’air ;
  • de la DDC ;
  • du régulateur d’extraction ;
  • et du lien avec la CTA et la GTB.

1. Qu’est-ce qu’une ventilation VAV ?

VAV signifie Variable Air Volume, c’est-à-dire débit d’air variable.

Le principe est relativement simple.

Au lieu de maintenir constamment le même débit d’air dans une pièce, le système adapte ce débit aux besoins réels.

Dans un système à débit constant, une pièce peut par exemple recevoir en permanence :300 m³/h qu’elle soit vide ou totalement occupée.

Avec une installation VAV, le débit peut varier.

Par exemple :

  • local vide : 60 m³/h ;
  • occupation faible : 120 m³/h ;
  • occupation normale : 200 m³/h ;
  • occupation élevée : 300 m³/h.

Le débit est donc adapté en permanence.

Cette approche est particulièrement intéressante dans :

  • les bureaux ;
  • les salles de réunion ;
  • les écoles ;
  • les universités ;
  • les salles de conférence ;
  • les bâtiments administratifs ;
  • certains hôtels ;
  • les bâtiments tertiaires en général.

La ventilation devient alors une fonction réellement adaptée à l’utilisation du bâtiment.

2. Pourquoi utiliser le CO₂ pour réguler la ventilation ?

Le schéma montre une sonde CO₂ dans chacun des trois locaux.

Ce choix n’est pas anodin.

Les occupants produisent du dioxyde de carbone en respirant.

Dans un local occupé, la concentration de CO₂ a donc tendance à augmenter lorsque le renouvellement d’air est insuffisant par rapport au nombre de personnes présentes.

La concentration de CO₂ constitue ainsi un indicateur très utile du besoin de ventilation dans de nombreux espaces occupés.

Le principe peut être simplifié de cette manière :

Peu d’occupants → CO₂ faible → faible demande de ventilation

Beaucoup d’occupants → CO₂ augmente → demande de ventilation plus importante

La sonde transmet donc une information à la régulation de la pièce.

À partir de cette mesure, la régulation détermine le débit d’air nécessaire.

3. La sonde CO₂ ne commande pas directement le VAV

Il faut bien comprendre ce point.

Dans un système correctement conçu, la sonde CO₂ ne dit pas simplement au registre :

ouvre-toi.

La logique est plus complète.

La sonde mesure d’abord une concentration de CO₂. Par exemple : 750 ppm

La régulation compare ensuite cette valeur avec la logique programmée.

Selon le résultat, elle détermine une consigne de débit d’air.

Par exemple :

Consigne VAV = 160 m³/h

Le régulateur VAV doit ensuite essayer d’obtenir réellement ce débit.

On peut donc résumer la chaîne ainsi :

C’est une distinction importante en automatisme.

Le CO₂ représente une grandeur de besoin.

Le débit d’air représente la grandeur régulée par le VAV.

4. Comment fonctionne le VAV dans chaque local ?

Schéma de régulation du débit d’air soufflé selon le CO₂ avec VAV, DDC et adaptation automatique de l’air extrait

Sur le schéma, chaque bureau dispose d’un régulateur VAV placé sur sa dérivation de soufflage.

Le VAV comporte généralement :

  • un registre ;
  • un servomoteur ;
  • un dispositif permettant de déterminer le débit ;
  • une électronique de régulation.

Son objectif est de maintenir le débit demandé.

Imaginons que le régulateur de pièce demande : 200 m³/h.

Si le VAV mesure seulement 150 m³/h, il va ouvrir davantage son registre.

À l’inverse, s’il mesure 230 m³/h, il réduit son ouverture.

Il cherche donc continuellement à respecter sa consigne.

C’est ce qui différencie un véritable régulateur de débit VAV d’un simple registre motorisé.

Un registre motorisé contrôle surtout une position.

Un VAV cherche à contrôler un débit d’air.

5. Exemple avec les trois locaux du schéma

Prenons exactement l’architecture représentée.

Nous avons :

Local 1
Local 2
Local 3

Chaque local possède :

  • une sonde CO₂ ;
  • un régulateur VAV de soufflage.

Supposons maintenant que les situations soient différentes.

Local 1

Une seule personne est présente.

La concentration de CO₂ reste faible.

La régulation demande : 80 m³/h

Local 2

Plusieurs personnes travaillent dans la pièce.

La concentration de CO₂ est plus élevée.

La consigne devient : 170 m³/h

Local 3

Une réunion est en cours.

Le local est fortement occupé.

La régulation demande : 300 m³/h

Le débit total soufflé est donc :

80 + 170 + 300 = 550 m³/h

La question suivante est alors essentielle :

comment le système sait-il qu’il doit maintenant extraire environ 550 m³/h ?

C’est là qu’intervient la mesure globale du débit.

6. La croix de mesure du débit d’air

Sur la gaine principale de soufflage, le schéma montre une croix de mesure du débit d’air.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Décret tertiaire OPERAT 2026 : le guide complet 2026 (déclaration, objectifs, sanctions et rôle de la GTB)

Son rôle est de fournir une mesure du débit total réellement envoyé vers la zone.

C’est un point particulièrement important de cette architecture.

Au lieu de calculer simplement :

VAV 1 + VAV 2 + VAV 3

le système mesure directement le débit réel dans la gaine principale.

Cette mesure permet de connaître ce qui circule réellement dans le réseau ou la zone.

Dans notre exemple :

Débit soufflage mesuré = 550 m³/h

Cette valeur est ensuite envoyée à la DDC.

7. Pourquoi mesurer le débit réel au lieu d’additionner les consignes ?

On pourrait effectivement demander :

Pourquoi ajouter un appareil de mesure alors que la régulation connaît déjà les consignes des VAV ?

La réponse est simple : une consigne n’est pas forcément égale à la réalité.

Imaginons :

VAV 1 demandé : 80 m³/h
VAV 2 demandé : 170 m³/h
VAV 3 demandé : 300 m³/h

Théoriquement : 550 m³/h

Mais dans la réalité, plusieurs problèmes peuvent empêcher d’atteindre exactement cette valeur :

  • pression de gaine insuffisante ;
  • VAV en butée ;
  • problème de réglage ;
  • filtre encrassé ;
  • gaine mal dimensionnée ;
  • obstacle ;
  • défaut de mesure ;
  • registre défectueux.

On peut donc avoir réellement : 520 m³/h

alors que les consignes totalisent 550 m³/h.

En travaillant avec une mesure globale réelle, la DDC base sa régulation d’extraction sur ce qui entre véritablement dans la zone.

C’est techniquement beaucoup plus robuste.

8. Que signifie AI sur le schéma ?

La mesure du débit est raccordée à la DDC avec l’indication : AI

AI signifie : Analog Input

en français : entrée analogique.

Cela signifie que la DDC reçoit une valeur continue représentant le débit.

Selon le système utilisé, cette information peut par exemple être envoyée sous forme :

  • 0-10 V ;
  • 4-20 mA ;
  • ou via une interface prévue pour le contrôleur.

Par exemple :

0 V = 0 m³/h
10 V = 1 500 m³/h

Si la DDC reçoit 5 V, elle peut alors interpréter :

750 m³/h

Le principe reste le même, quel que soit le signal réellement retenu lors de la conception.

9. Quel est le rôle de la DDC ?

La DDC représente le cerveau de cette régulation zonale.

DDC signifie : Direct Digital Control.

Dans une installation de bâtiment, la DDC reçoit les informations des capteurs et systèmes de terrain.

Elle exécute ensuite une logique programmée.

Enfin, elle envoie des commandes aux actionneurs.

Dans le cas représenté :

Entrée

La DDC reçoit : débit d’air soufflé mesuré

Traitement

Elle détermine : débit d’extraction nécessaire

Sortie

Elle transmet : consigne au régulateur de débit d’air extrait

On a donc :

AI → DDC → calcul → AO → VAV extraction

10. Que signifie AO ?

Le schéma montre une sortie : AO

AO signifie : Analog Output

ou : sortie analogique.

Cette sortie permet à la DDC de transmettre une consigne au régulateur de débit d’extraction.

Par exemple :

Consigne extraction = 550 m³/h

Le régulateur de débit d’air extrait adapte ensuite son registre afin d’obtenir cette valeur.

La boucle complète devient donc :

11. Pourquoi le débit extrait doit suivre le débit soufflé ?

Il faut maintenant comprendre la logique aéraulique.

Imaginons que 600 m³/h soient soufflés dans une zone.

Si seulement 200 m³/h sont extraits, les 400 m³/h restants doivent sortir quelque part.

La zone risque alors de se retrouver en surpression.

À l’inverse, imaginons :

Soufflage : 400 m³/h

Extraction : 800 m³/h

La zone risque alors de se retrouver en dépression.

Des flux d’air non souhaités peuvent apparaître à travers :

  • les portes ;
  • les joints ;
  • les couloirs ;
  • les passages techniques ;
  • les façades.

Le but est donc de conserver un bilan d’air cohérent.

Dans une logique simplifiée : Débit extrait ≈ débit soufflé

Certaines installations utilisent volontairement une légère différence afin de maintenir une pression spécifique.

Mais dans le principe présenté ici, l’objectif principal est bien de faire suivre l’extraction au débit réel soufflé.

12. Pourquoi n’y a-t-il pas un VAV d’extraction dans chaque pièce ?

C’est probablement l’une des parties les plus intéressantes du schéma.

Chaque bureau dispose d’un VAV de soufflage.

Mais côté extraction, on ne voit qu’un seul régulateur commun.

Pourquoi ? Parce que l’air des pièces est transféré vers une zone d’extraction commune.

Le schéma indique : Transfert d’air sous les portes ou grilles

L’air suit donc le parcours suivant :

Cela permet de réduire le nombre de régulateurs d’extraction.

13. Exemple de transfert d’air

Prenons le local 2.

Le VAV souffle : 180 m³/h dans le bureau.

Cet air traverse le local.

Il récupère notamment :

  • de la chaleur ;
  • du CO₂ ;
  • de l’humidité ;
  • les polluants produits dans le local.

Ensuite, l’air doit quitter le bureau.

Il peut passer par :

  • une grille dans une cloison ;
  • une grille acoustique ;
  • un détalonnage de porte ;
  • une ouverture spécifique.

Il rejoint alors la zone commune de reprise.

L’air est ensuite aspiré vers le régulateur d’extraction.

14. Attention au dimensionnement des transferts d’air

Cette partie ne doit surtout pas être négligée.

Supposons que le VAV puisse souffler jusqu’à : 300 m³/h dans le local.

Le passage de transfert doit pouvoir évacuer ce débit.

Si l'ouverture est trop petite, plusieurs problèmes peuvent apparaître :

  • vitesse d’air élevée ;
  • bruit ;
  • surpression du local ;
  • sifflement ;
  • inconfort ;
  • mauvaise circulation d’air.

La perte de charge du transfert doit donc être prise en compte.

L’acoustique est également importante.

Une grande grille ouverte entre deux bureaux peut faciliter la circulation de l’air mais dégrader fortement l’isolation acoustique.

Dans les bureaux, écoles ou bâtiments administratifs, on peut donc utiliser des dispositifs de transfert acoustiques adaptés.

15. Le fonctionnement global de la zone

On peut maintenant assembler toutes les étapes.

Étape 1 — Mesure du CO₂

Chaque sonde mesure la concentration dans son local.

Étape 2 — Calcul du besoin

La régulation détermine le débit nécessaire.

Étape 3 — Régulation VAV

Chaque VAV adapte le débit de soufflage.

Étape 4 — Mesure globale

La croix de mesure mesure le débit total réellement envoyé dans la zone.

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Étape 5 — Transmission à la DDC

La valeur arrive sur une entrée analogique.

Étape 6 — Calcul du débit extrait

La DDC calcule la consigne d’extraction.

Étape 7 — Sortie analogique

La consigne est envoyée au régulateur d’air extrait.

Étape 8 — Régulation de l’extraction

Le VAV d’extraction adapte son débit.

On obtient finalement :

une zone dont le soufflage et l’extraction évoluent automatiquement selon les besoins réels des locaux.

16. Exemple complet sur une journée

Prenons une zone comportant trois bureaux.

7 h — bâtiment presque vide

Les sondes CO₂ mesurent des valeurs faibles.

Les VAV restent au minimum :

Local 1 : 60 m³/h
Local 2 : 60 m³/h
Local 3 : 60 m³/h

Total : 180 m³/h

La DDC demande donc environ 180 m³/h d’extraction.

9 h — arrivée des occupants

Le CO₂ commence à augmenter.

Les débits deviennent :

Local 1 : 120 m³/h
Local 2 : 180 m³/h
Local 3 : 150 m³/h

Total : 450 m³/h

La croix de mesure détecte cette augmentation.

La DDC augmente alors la consigne d’extraction.

11 h — réunion dans le local 3

Plusieurs personnes arrivent dans le local.

Le CO₂ augmente.

Le VAV 3 monte à : 300 m³/h

On obtient :

Local 1 : 120 m³/h
Local 2 : 180 m³/h
Local 3 : 300 m³/h

Total : 600 m³/h

La régulation d’extraction augmente donc vers environ 600 m³/h.

12 h 30 — pause déjeuner

Les occupants quittent les bureaux.

La concentration de CO₂ diminue progressivement.

Les VAV commencent à réduire leur débit.

Le débit global tombe par exemple à : 220 m³/h

L’extraction suit automatiquement.

Cette logique permet au système de fonctionner en fonction de l’utilisation réelle du bâtiment.

17. Quel est le rôle de la CTA ?

La CTA reste évidemment indispensable.

Elle doit être capable de fournir le débit demandé par l’ensemble des VAV.

Le schéma commence d’ailleurs par : Air neuf depuis la CTA

Dans une représentation plus générale, on peut aussi parler d’air soufflé provenant de la CTA, selon le traitement d’air et l’architecture retenus.

La CTA comprend généralement :

  • filtres ;
  • ventilateurs ;
  • récupération de chaleur ;
  • batteries chaudes ;
  • batteries froides ;
  • éventuellement humidification ;
  • régulation.

Lorsque les VAV augmentent leurs besoins, le réseau doit pouvoir fournir davantage d’air.

18. VAV et régulation de pression de la CTA

Dans une installation VAV complète, il est courant de faire varier également la vitesse du ventilateur de soufflage.

Pourquoi ?

Supposons que presque tous les VAV se ferment.

Le réseau n’a plus besoin du débit maximal.

Faire fonctionner le ventilateur à pleine vitesse serait inutile.

Un variateur de fréquence permet donc de réduire la vitesse du ventilateur.

Une boucle de pression statique peut être utilisée dans la gaine.

On obtient alors : VAV s’ouvrent

→ besoin d’air augmente

→ pression réseau évolue

→ variateur adapte le ventilateur

À l’inverse : VAV se ferment

→ besoin diminue

→ vitesse ventilateur réduite

Cette architecture permet d’aller encore plus loin dans l’optimisation énergétique.

19. Quel est le rôle de la GTB ?

La GTB ne remplace pas nécessairement les régulations locales.

Elle les supervise.

Dans ce type d’installation, une GTB peut récupérer :

  • CO₂ local 1 ;
  • CO₂ local 2 ;
  • CO₂ local 3 ;
  • consigne VAV ;
  • débit réel VAV ;
  • état VAV ;
  • défaut VAV ;
  • débit global soufflage ;
  • consigne extraction ;
  • débit extraction ;
  • alarmes ;
  • états de la CTA.

Ces informations peuvent ensuite être affichées sur des vues graphiques.

L’exploitant peut ainsi comprendre très rapidement la situation du bâtiment.

20. Les courbes de tendance sont particulièrement utiles

Prenons un exemple.

Un occupant se plaint régulièrement :

Il y a toujours de l’air lourd dans la salle de réunion.

Sans historique, il est difficile de savoir ce qui s’est réellement passé.

Avec une GTB, on peut afficher simultanément :

  • concentration CO₂ ;
  • consigne de débit ;
  • débit VAV réel ;
  • position du registre ;
  • pression de gaine.

On peut alors constater par exemple :

CO₂ : 1 400 ppm
Consigne VAV : 300 m³/h
Débit réel : 160 m³/h
Registre : 100 %

Cette situation indique immédiatement quelque chose d’important.

Le régulateur demande davantage d’air.

Le VAV est complètement ouvert. Mais le débit réel reste insuffisant.

Le problème ne vient donc probablement pas de la consigne CO₂.

Il faut plutôt chercher du côté :

  • de la pression disponible ;
  • du réseau ;
  • du ventilateur ;
  • d’un obstacle ;
  • du dimensionnement.

C’est tout l’intérêt de l’automatisme et de la supervision.

21. Que se passe-t-il si la sonde CO₂ tombe en panne ?

Une vraie conception doit aussi penser aux défauts.

Imaginez qu’une sonde CO₂ renvoie une valeur impossible.

Par exemple :

0 ppm

ou qu’elle ne transmette plus aucune valeur.

Que doit faire le VAV ?

Il ne faut pas attendre la panne pour décider.

La stratégie doit être définie dans la description fonctionnelle.

Par exemple, on pourrait prévoir :

  • maintien d’un débit minimal ;
  • valeur de secours ;
  • alarme GTB ;
  • passage à une consigne prédéfinie.

Le choix dépend du projet.

22. Que se passe-t-il si la mesure globale du débit tombe en panne ?

Le problème devient encore plus important.

La DDC utilise cette valeur pour déterminer la consigne d’extraction.

Si l'entrée analogique devient invalide, la régulation doit avoir une stratégie de repli.

Par exemple :

  • consigne fixe d’extraction ;
  • valeur calculée à partir des VAV ;
  • dernière valeur valide limitée dans le temps ;
  • fonctionnement de secours.

Encore une fois, ce choix doit être défini dans la description fonctionnelle.

Un bon automatisme n’est pas seulement capable de fonctionner normalement.

Il doit aussi savoir quoi faire lorsqu’un composant tombe en panne.

23. Les erreurs fréquentes à éviter

Erreur n°1 : débit minimum trop faible

Réduire le débit permet d’économiser de l’énergie.

Mais cela ne signifie pas que l’on peut descendre jusqu’à zéro dans tous les locaux.

Le débit minimum doit être déterminé selon le concept de ventilation.

Erreur n°2 : débit minimum trop élevé

À l’inverse, si le débit minimum est presque égal au débit nominal, l’intérêt de la VAV devient très faible.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Comment lire un schéma hydraulique de chauffage ? Les 6 circuits essentiels expliqués simplement

L’installation se comporte presque comme une ventilation à débit constant.

Erreur n°3 : mauvais positionnement de la sonde CO₂

Une sonde placée au mauvais endroit peut mesurer une concentration non représentative du local.

Il faut éviter certains emplacements défavorables.

Erreur n°4 : transfert d’air sous-dimensionné

Le VAV peut fournir correctement son débit, mais l’air doit ensuite pouvoir sortir du local.

Un mauvais transfert peut créer bruit et pression indésirable.

Erreur n°5 : VAV correctement commandé mais pression insuffisante

Une consigne ne garantit pas que le débit sera atteint.

C’est pourquoi il faut comparer : consigne et valeur réelle.

Erreur n°6 : extraction mal coordonnée

Une extraction qui ne suit pas correctement le soufflage peut déséquilibrer toute la zone.

Erreur n°7 : absence de stratégie de défaut

Une installation professionnelle doit prévoir le comportement en cas de perte :

  • CO₂ ;
  • mesure débit ;
  • communication ;
  • DDC ;
  • VAV.

24. Quels points prévoir dans la GTB ?

Une liste typique peut comprendre :

PointType
CO₂ localAI / valeur bus
Consigne débit VAVAO / valeur bus
Débit réel VAVAI / valeur bus
État VAVDI / bus
Défaut VAVDI / bus
Débit soufflage zoneAI
Consigne extractionAO
Débit réel extractionAI / bus
Défaut extractionDI
Alarme CO₂ élevéeAlarme
Mode occupationDI / bus

Les interfaces exactes dépendent évidemment du matériel retenu.

Un VAV moderne peut très bien communiquer via un bus plutôt qu’avec plusieurs signaux analogiques séparés.

Le schéma présenté montre surtout la logique fonctionnelle.

25. Pourquoi cette régulation permet-elle d'économiser de l’énergie ?

Le principe fondamental est : ne pas traiter plus d’air que nécessaire.

Chaque mètre cube d’air introduit dans le bâtiment doit potentiellement être :

  • filtré ;
  • déplacé ;
  • chauffé ;
  • refroidi ;
  • éventuellement déshumidifié ou humidifié.

Si le bâtiment est peu occupé, réduire les débits peut donc réduire les besoins.

Le ventilateur peut également bénéficier de la diminution du débit lorsqu’il est régulé en vitesse.

Les économies réelles dépendent cependant :

  • du climat ;
  • de l’occupation ;
  • des horaires ;
  • du bâtiment ;
  • des températures ;
  • de la récupération de chaleur ;
  • de la stratégie de régulation.

Il ne faut donc pas associer automatiquement une valeur d’économie fixe à un système VAV.

26. Comment lire ce schéma en 30 secondes ?

Lorsque vous voyez ce schéma, suivez simplement cette logique.

1

L’air arrive depuis la CTA.

2

Le débit total est mesuré.

3

L’air est distribué vers trois locaux.

4

Chaque local possède une régulation VAV pilotée notamment par le CO₂.

5

L’air traverse le local.

6

Il rejoint l’extraction via les passages de transfert.

7

Le débit global mesuré est envoyé à la DDC.

8

La DDC en déduit une consigne d’extraction.

9

Le régulateur d’extraction adapte son débit.

C’est tout le principe du système.

27. La chaîne de régulation à retenir

Si vous devez retenir une seule chose de cet article, retenez cette chaîne :

Occupation

↓

CO₂

↓

Besoin de ventilation

↓

Consigne VAV

↓

Débit de soufflage

↓

Mesure du débit total

↓

DDC

↓

Consigne extraction

↓

VAV extraction

↓

Équilibre aéraulique de la zone

Cette représentation est particulièrement utile pour comprendre une description fonctionnelle d’automatisme.

Tableau récapitulatif

ComposantFonction
Sonde CO₂Mesure la qualité d’air du local
Régulation de pièceCalcule le besoin de ventilation
VAV soufflageRégule le débit envoyé dans chaque local
DiffuseurDistribue l’air dans la pièce
Transfert d’airPermet à l’air de quitter le local
Croix de mesureMesure le débit global de soufflage
AITransmet la mesure à la DDC
DDCCalcule la consigne d’extraction
AOEnvoie la consigne d’extraction
VAV extractionRégule le débit d’air extrait
CTATraite et déplace l’air
GTBSupervise et historise le fonctionnement

FAQ — Régulation VAV et CO₂

Qu’est-ce qu’un système VAV ?

Un système VAV est une ventilation à débit variable. Le débit d’air est adapté automatiquement en fonction du besoin du local ou de la zone.

Pourquoi réguler le débit selon le CO₂ ?

La concentration de CO₂ permet d’évaluer le besoin de renouvellement d’air lié notamment à l’occupation du local. Lorsque le CO₂ augmente, la régulation peut augmenter le débit de ventilation.

Quelle différence entre un VAV et un registre motorisé ?

Un registre motorisé contrôle principalement une position. Un régulateur VAV cherche à maintenir un débit d’air défini malgré les variations du réseau.

À quoi sert la croix de mesure ?

Elle mesure le débit total réellement soufflé dans la zone afin de fournir cette information à la DDC.

Pourquoi mesurer le débit total ?

Parce que la somme des consignes VAV n’est pas nécessairement égale au débit réellement obtenu dans le réseau.

Quel est le rôle de la DDC ?

La DDC reçoit les mesures, exécute la logique de régulation et génère les commandes destinées aux équipements.

Pourquoi l’extraction suit-elle le soufflage ?

Cela permet de maintenir un bilan d’air cohérent dans la zone et d’éviter des différences de pression trop importantes.

Pourquoi utiliser des transferts d’air ?

Ils permettent de guider l’air des locaux vers une extraction commune sans installer nécessairement un VAV d’extraction dans chaque pièce.

La GTB commande-t-elle directement tous les VAV ?

Pas forcément. Les régulations locales peuvent fonctionner de manière autonome tandis que la GTB supervise, historise et coordonne certaines fonctions.

Conclusion

Le schéma présenté illustre une architecture particulièrement intéressante de ventilation à la demande pilotée par le CO₂.

Le principe commence dans chaque local.

Une sonde CO₂ mesure la qualité de l’air.

À partir de cette mesure, la régulation détermine le débit nécessaire.

Le VAV adapte alors le débit d’air soufflé dans la pièce.

Mais puisque tous les locaux évoluent indépendamment, le débit total de la zone change continuellement.

Un dispositif de mesure placé dans la gaine principale permet donc de connaître le débit réellement soufflé.

Cette valeur est envoyée à la DDC.

La DDC calcule ensuite la consigne du régulateur d’extraction.

Ainsi, lorsque le débit de soufflage augmente, l’extraction s’adapte automatiquement. Lorsqu’il diminue, l’extraction diminue également.

Les transferts d’air permettent enfin de guider l’air des différents locaux vers une extraction commune.

On obtient une architecture cohérente réunissant :

CO₂ + VAV + mesure de débit + DDC + extraction + GTB.

Ce système montre très bien ce qu’est réellement l’automatisme du bâtiment.

Il ne s’agit pas simplement d’installer des capteurs et des actionneurs.

L’objectif est de faire communiquer plusieurs fonctions afin que le bâtiment adapte automatiquement son fonctionnement aux besoins réels des occupants.

Et pour comprendre ce schéma, une phrase suffit finalement :

le CO₂ détermine le besoin de ventilation, les VAV adaptent le soufflage, et la DDC fait suivre automatiquement l’extraction.